Prise de parole pro

Comment écrire un pitch de présentation

Un bon pitch de présentation dure entre 30 secondes et 2 minutes selon le contexte. Il tient sur trois temps : le problème vécu par ton client, incarné dans une scène concrète — ta manière spécifique de le traiter — une question qui invite l'autre à parler. La règle qui tranche tout : ta première phrase ne répond pas à « qui es-tu », elle répond à « pourquoi devrais-je continuer à t'écouter ».

La question à laquelle ton pitch ne répond pas

Tu arrives à un networking. Tu as travaillé ton pitch de 90 secondes avec un coach à 200 € l'heure. Le soir venu, tu le récites mécaniquement à six personnes qui hochent la tête, sourient poliment, et se retournent vers la table à petits fours. Tu rentres chez toi avec zéro carte de visite, en pensant que tu n'es « pas assez commercial ».

Tu n'as pas un problème de commercial. Tu as un problème de question.

Ton pitch répond à « bonjour, qui es-tu ? ». Personne dans cette salle ne t'a demandé ça. La personne en face voulait savoir « pourquoi devrais-je continuer à te parler dans une pièce qui contient quarante autres personnes ? ». Deux questions radicalement différentes. Elles n'appellent pas la même réponse — et la plupart des pitchs répondent bien à la première.

Les « structures de pitch qui claquent » que Google te propose sont des dérivés de programmes d'accélérateur US traduits par des consultants qui pitchent surtout des formations de pitch. En français, dans une salle française, ça sonne calibré. Ton interlocuteur le sent en trois secondes et il décroche.

Le vrai mensonge intérieur, ce n'est pas que tu manques de charisme. C'est que tu as accepté sans le savoir de parler de toi à quelqu'un qui voulait entendre parler de lui — ou au moins de son problème. Une phrase qui parle du client, pas de toi. C'est le seul écart qui fait qu'on t'écoute au lieu de te laisser terminer poliment.

Quatre pitchs qui font décrocher la personne en face

On les entend à chaque tour de table, dans chaque afterwork, dans chaque prise de contact commerciale. Aucun n'est catastrophique en soi. Tous ont le même défaut : ils parlent de toi à quelqu'un qui ne te connaît pas encore.

  • Le CV parlé — « Bonjour, je m'appelle Untel, je suis Directeur commercial chez Machin depuis huit ans, spécialisé dans le SaaS B2B et la vente complexe. » L'auditeur a décroché à « Directeur ». Tu viens de réciter ton profil LinkedIn en vocal. C'est un badge, pas une accroche. La salle sait maintenant quel poste tu occupes — pas pourquoi elle devrait s'y intéresser.

  • La liste d'adjectifs auto-attribués — « Je suis passionné, curieux, orienté résultat, avec un fort esprit d'équipe. » Tu viens de dire exactement ce que quarante autres personnes ont déjà dit ce soir et diront après toi. Interchangeable. Personne ne s'est jamais présenté en disant « je suis tiède, distrait et solitaire » — donc ces adjectifs ne signalent rien. Ils remplissent l'espace.

  • Le storytelling forcé US — « Il y a cinq ans, j'étais dans un train Paris-Lyon, j'ai eu une révélation... » Traduit du TED, saupoudré de « ma vulnérabilité, ma résilience ». En français, ça sonne étranger. Ton interlocuteur devine que la scène a été calibrée par un coach et que le train n'y était probablement pour rien. Il sourit poliment. Il n'y croit pas.

  • Le sales pitch corporate — « J'aide les entreprises à optimiser leur performance grâce à ma méthode propriétaire qui a permis à mes clients de multiplier par trois leur chiffre. » Odeur d'infopreneur LinkedIn qui vend des formations à 2 000 €. Ton interlocuteur a vu passer la même phrase dans un post sponsorisé la veille au soir. Il te classe dans la même catégorie en trois secondes.

Ces quatre pitchs ont un point commun : ils parlent de toi. Personne ne veut entendre parler de toi à cet instant. Pas parce que tu es inintéressant — parce qu'on ne te connaît pas encore. On ne s'intéresse à un inconnu qu'à travers un problème qu'on partage avec lui, ou qu'on aurait pu vivre.

La formule en 3 temps qui marche

Un pitch de networking efficace tient à peu près sur la même charpente. Si tu la connais bien, tu peux la casser. Tant que tu ne la connais pas, tu la suis. Trois temps, environ 60 à 90 secondes au total pour un tour de table.

1. Le problème que tu résous, incarné — 10 à 20 secondes

Pas ton métier. Le problème vécu par ton client, raconté avec un lieu, un moment, une personne concrète. « Tu connais ces PDG qui découvrent le lundi matin que leur DAF est parti sans laisser les codes du logiciel de compta ? Voilà. Je suis celui qu'on appelle le mardi. »

En une phrase, ton interlocuteur voit la scène. Il connaît peut-être quelqu'un à qui c'est arrivé. Il a envie de la suite. Personne ne t'a demandé qui tu étais — mais tout le monde a envie de savoir comment ça finit.

2. Ce que TU fais de spécifique là-dessus — 10 à 20 secondes

Pas ton titre. Ta manière. « Je remets tout à plat en quinze jours, sans passer trois mois en audit qui coûte plus cher que le problème. »

Ta manière, c'est ce qui te distingue des vingt autres personnes qui pourraient techniquement traiter le même problème. Un tempo, une contrainte que tu t'imposes, un livrable inhabituel, un refus assumé. Ce qui suit un « je fais X, mais » est presque toujours la partie qui accroche.

3. La question qui invite — 5 à 10 secondes

Au lieu de finir sur « voilà voilà » ou « voilà pour moi », finis sur une question qui engage l'autre. « Et vous, vous êtes dans quel secteur ? » « Vous avez déjà eu ce genre de galère ? »

La conversation bascule. Ton interlocuteur parle à son tour. Tu apprends ce qu'il fait, ce qui l'intéresse, si tu peux l'aider ou pas. Un pitch qui finit par un point est un monologue. Un pitch qui finit par une question est le début d'une conversation.

Une phrase sur le problème. Une phrase sur ta manière. Une question. C'est tout. La personne en face n'a pas besoin de plus pour décider si elle veut continuer.

Le pitch de 30 secondes n'est pas un pitch de 90 condensé

L'erreur la plus fréquente quand on te dit « fais-moi ça en 30 secondes » : tu prends ton pitch de 90 secondes et tu parles plus vite. Résultat : tout le monde perd. Toi parce que tu bafouilles. L'autre parce qu'il n'entend qu'un fragment de chaque temps.

Le pitch de 30 secondes est un pitch différent. Tu ne coupes pas dans la longueur, tu coupes dans la structure. On garde deux temps sur trois.

  • Ce qui reste : le problème incarné + la question qui invite.
  • Ce qui saute : ta manière spécifique. Elle attend le rendez-vous suivant, l'échange qui va s'ouvrir grâce à la question.

Exemple à 30 secondes : « Tu connais ces PDG qui découvrent le lundi matin que leur DAF est parti sans laisser les codes ? Voilà. Je suis celui qu'on appelle le mardi. Vous, vous êtes dans quel secteur ? »

Fin. Pas de « spécialisé dans la finance transitoire », pas de « avec vingt ans d'expérience », pas de méthode propriétaire. Ton interlocuteur retient une image — un lundi matin, un patron dans la panade — et le fait que tu es la solution. C'est largement suffisant pour qu'il demande la suite, s'il est concerné.

Le 30 secondes n'est pas plus court. Il est plus concentré. Tu n'as le droit qu'à l'os.

Les pièges qu'on voit à chaque tour de table

D'un networking à l'autre, les mêmes ratages reviennent. Aucun n'est fatal seul. Empilés, ils font que tu rentres sans une carte de visite.

  • Commencer par ton nom et ton poste — « Bonjour, je m'appelle Untel, Directeur de Machin. » Personne ne retient un nom entendu pour la première fois. Ton nom viendra à la fin, quand l'autre voudra savoir à qui il parle. Commence par le problème.

  • La modestie parasite — « Alors, je ne sais pas trop par où commencer, je vais essayer de faire court... » Tu viens de dépenser dix secondes à t'excuser d'exister. Ces dix secondes, l'autre les a comptées. Il attend maintenant que tu dises quelque chose qui justifie l'attente.

  • La liste des services — « Je fais du conseil, de la formation, du coaching, de l'accompagnement, aussi un peu d'audit... » L'interlocuteur ne retient rien. Une personne qui fait tout, c'est une personne qui ne fait rien de spécifique. Choisis UNE prise d'entrée. Le reste, tu le dis au deuxième rendez-vous.

  • Le jargon métier non traduit — « Je fais du SEO/GEO cross-canal en growth loop pour scale-ups en séries B. » Cinq mots que ton interlocuteur ne peut pas mapper sur une scène. Il hoche la tête, il n'a rien compris, il ne demandera pas parce qu'il ne veut pas avoir l'air bête. Traduis dans la langue de sa grand-mère.

  • La fin qui traîne — « Voilà, en gros c'est ça, enfin je fais aussi des choses annexes, mais bon voilà... » Écris ta dernière phrase, apprends-la par cœur, dis-la, pose la question, tais-toi. Un pitch qui finit fort vaut deux pitchs qui traînent. Une question à la place du point, et ton interlocuteur prend le relais.

  • Le pitch appris comme un texte de théâtre — Le débit est mécanique, les respirations sont fausses, l'interlocuteur entend le disque. Un pitch se répète à voix haute une dizaine de fois puis se laisse habiter. Sur le moment, tu regardes la personne, tu adaptes, tu respires. Le disque, ça se sent à trois mètres.

Combien de temps dure ton pitch ?

La durée dépend du contexte. Trois formats couvrent la quasi-totalité des situations pro :

  • 30 secondes — Tour de table, ascenseur, prise de contact éclair. Problème incarné + question. Deux phrases, une question.
  • 60 à 90 secondes — Networking classique, afterwork, présentation à un prospect avant rendez-vous. Problème + ta manière + question. C'est le format le plus fréquent.
  • 2 à 3 minutes — Réunion client, présentation d'une offre, tour de parole formel. Tu peux ajouter un exemple concret entre la manière et la question.

En mots, à un débit normal (135 mots/minute) :

  • 30 s → ~65 mots
  • 90 s → ~200 mots
  • 3 min → ~400 mots

Vérifie ta durée réelle avec le convertisseur mots/minutes avant le jour J. Ajoute mentalement 20 % : dans un networking, tu ralentis, tu marques des pauses, l'autre réagit, ta version de 90 s durera plutôt 2 minutes. Ce n'est pas grave — c'est même bon signe.

Au-delà de 3 minutes en tour de table, ce n'est plus un pitch. C'est une prise d'otage. La salle décroche et retient le pitch qui suivra le tien, pas le tien. Vise court. Si tu doutes, coupe une phrase.

Un prompt personnalisé, gratuit, à copier

Un prompt personnalisé, en 30 secondes

Réponds à ces trois questions comme si tu répondais à un pote qui connaît ton métier. Sherazade te fabrique un prompt personnalisé — tu le colles dans TON ChatGPT (ou Claude, Perplexity, Gemini). Sherazade ne fait aucun appel IA sur cette page : c'est ton assistant qui travaille, avec les bonnes questions. La qualité de ce que tu vas obtenir dépend à 90 % de la précision du problème client que tu vas décrire ci-dessous.

Tu es un coach en pitch de présentation, méthode Dealer d'Histoires de Franck Marcheix. Tu vas m'aider à écrire mon pitch face à un public pro français (networking, tour de table, prise de contact). CONTEXTE - Mon métier : [metier] - Le problème vécu par mes clients quand ils m'appellent : [probleme_client] - Ma manière spécifique là-dessus : [maniere] RÈGLES ABSOLUES 1. Ma première phrase ne répond pas à « qui es-tu ». Elle répond à « pourquoi devrais-je continuer à t'écouter ». Elle parle du problème vécu par mon client, incarné dans une scène concrète (un lieu, un moment, une personne). 2. Jamais de CV parlé (« Bonjour, je m'appelle X, je suis Y chez Z depuis N années »). Mon nom vient à la fin, si l'autre le demande. 3. Jamais de liste d'adjectifs auto-attribués (passionné, curieux, orienté résultat, esprit d'équipe). Une scène qui montre, pas une liste qui décrit. 4. Jamais de storytelling forcé traduit du TED (« il y a cinq ans, dans un train, j'ai eu une révélation »). La scène est celle du client, pas la mienne. 5. Jamais de jargon métier non traduit — je dois pouvoir dire mon pitch à ma grand-mère et à un enfant de dix ans. 6. Jamais de sales pitch corporate (« j'aide les entreprises à optimiser X grâce à ma méthode propriétaire Y »). STRUCTURE — VERSION 60 À 90 SECONDES - 10 à 20 s : le problème que je résous, incarné dans une scène concrète vécue par mon client - 10 à 20 s : ce que je fais de spécifique là-dessus — pas mon titre, ma manière (ce qui suit un « je fais X, mais ») - 5 à 10 s : une question qui invite l'autre à parler (« Vous, vous êtes dans quel secteur ? ») STRUCTURE — VERSION 30 SECONDES (pas un condensé, une STRUCTURE différente) - Le problème incarné (une phrase) - La question qui invite (une phrase) - La partie « ma manière » saute. Elle attend le rendez-vous suivant. FORMAT DE SORTIE : deux versions prêtes à dire à voix haute, sans commentaires ni méta-instructions. La première en 60-90 s, la seconde en 30 s. Termine chaque version par une question adressée à la personne en face — jamais par « voilà voilà », jamais par « voilà pour moi », jamais par un point sec. Propose une première version. Je te dirai ce qu'il faut ajuster.

Ce prompt marche dans ChatGPT, Claude, Perplexity, Gemini — tous les outils gratuits avec recherche web. Sherazade n'appelle pas d'IA sur cette page : c'est TON assistant qui travaille avec les bonnes questions.

Questions fréquentes

Combien de temps doit durer un pitch de présentation ?

Entre 30 secondes et 2 minutes selon le contexte. 90 secondes est le point d'équilibre pour un networking classique. 30 secondes pour un tour de table éclair ou un ascenseur. Au-delà de 3 minutes en présentation orale, ce n'est plus un pitch — la salle décroche et retient celui qui suit.

Faut-il apprendre son pitch de présentation par cœur ?

Ni tout à fait par cœur, ni improvisé. Répète-le à voix haute une dizaine de fois pour que la structure soit installée, puis laisse-le vivre. Le jour venu, tu regardes la personne, tu adaptes, tu respires. Le pitch récité comme un texte de théâtre sonne à trois mètres — l'interlocuteur entend le disque et décroche.

Comment commencer un pitch de présentation ?

Pas par ton nom ni ton poste — personne ne retient un nom entendu pour la première fois. Commence par le problème que tu résous, incarné dans une scène concrète vécue par ton client. « Tu connais ces PDG qui découvrent le lundi matin que... ». Ton nom viendra à la fin, quand l'autre voudra savoir à qui il parle.

Comment finir un pitch pour ne pas rester dans le vide ?

Finis par une question qui invite l'autre à parler, pas par un point. « Et vous, vous êtes dans quel secteur ? » ou « Vous avez déjà eu ce genre de galère ? ». Un pitch qui finit par un point est un monologue. Un pitch qui finit par une question est le début d'une conversation. Écris ta dernière phrase, apprends-la, dis-la, pose la question, tais-toi.

Faut-il donner son nom et son poste au début d'un pitch ?

Non. Ni au début, ni en évidence. Ton nom et ton poste répondent à « qui es-tu » — question que ton interlocuteur ne t'a pas posée. Il veut savoir pourquoi il devrait continuer à t'écouter. Le problème que tu résous répond à ça, ton nom pas. Le nom vient quand l'autre demande une carte, un profil, un rendez-vous.

Peut-on utiliser un pitch storytellé à la TED ?

En français, dans une salle française, le storytelling US façon « il y a cinq ans, dans un train, j'ai eu une révélation » sonne calibré et fait décrocher l'auditeur. Il devine que la scène a été travaillée par un coach. Une scène vécue par ton client — pas par toi — passe beaucoup mieux : elle parle du problème, pas de toi.